Chlorate de soude : un désherbant interdit en France

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Il y a certains produits, longtemps utilisés, qui semblaient bien pratiques. Pourtant, à force d’études et de pratique, les experts réalisent bien vite qu’ils apportent davantage de danger que de bénéfices. C’est le cas du chlorate de soude, allié de longue date des jardiniers. Cet herbicide, seulement, est aujourd’hui interdit. Que savoir sur le chlorate de soude ?

Le chlorate de soude, solution de sodium et d’acide chlorhydrique

Chlorate de soude, chlorate de sodium : ces deux éléments représentent le même produit. Oxydant fort, il vient sous forme de poudre blanche de consistance cristalline ou sous forme de solution transparente. Soluble dans l’eau à 20 degrés, cette poudre ressemble finalement à du sel. Ce concentré de NaCLO3 est utilisé dans de nombreux secteurs pour ces fonctions oxydantes.

Le chlorate de sodium n’est pas un produit chimique obtenu naturellement. Il est produit par électrolyse d’une solution aqueuse de sel. Dans le cas présent, du chlorure de sodium. Celui-ci est mélangé à de l’acide chlorhydrique et du dichromate de sodium, entre autres, pour enclencher les réactions. C’est au cours de cette réaction que se produisent l’hydrogène et la Javel, NaOCI, oxydants. L’ensemble est séché, pour former les cristaux que vous retrouvez vendus en pot.

Si vous étiez déjà adepte du jardinage il y a 20 ans, vous êtes au fait de sa popularité à l’époque. Depuis, pourtant, le discours sur le chlorate de soude a bien changé de ton. Dans vos jardins, il s’utilisait notamment comme désherbant non sélectif. Il détruit tout, s’attaquer aux plantes et aux herbes sans prendre en compte leur état de santé.

Pourquoi le chlorate de soude est-il interdit en France ?

Non sélectif, ce désherbant révèle présenter de nombreux dangers. Un mauvais calcul dans les dosages, par exemple, peut être assez fatal. Le chlorate de soude, en effet, peut mener à des explosions. Certains n’hésitaient pas, par ailleurs, à volontairement créer des explosifs, menant à des accidents dangereux. Pour réguler cela, une première modification du chlorate de soude a été envisagée. Les produits n’utilisaient plus que 60 % de concentration de NaCIO3. Avant cela, le taux de concentration était à 99 %.

Malheureusement, la réduction du taux de concentration n’a pas suffi à empêcher les accidents. Pour tenter de régler ce souci, la Commission européenne préfère agir. Elle demande le retrait de la vente du chlorate de soude en 2008. Cette demande est acceptée et est mise en place en janvier 2010. Depuis plus de 10 ans, maintenant, il est donc illégal de vendre du chlorate de soude pur en France et dans de nombreux pays d’Europe.

S’il est interdit, ce n’est pas qu’à cause des dangers explosifs que le chlorate de soude représente. Cet herbicide semble, en effet, être particulièrement nocif pour l’environnement. Si vous souhaitez désherber votre jardin, il y a donc plus bénéfique à utiliser. Le chlorate de sodium, par exemple, pollue particulièrement les points d’eaux tels que les eaux de rivières. En prime, le côté salin attire le nez des animaux, surtout les chiens. Ils n’hésiteront pas à lécher le produit, qui entre très rapidement en réaction avec les muqueuses et le sang. De suite, les effets sont cliniques : douleurs, vomissements, convulsions.

Le chlorate de soude, un désherbant et destructeur de souche

Bien que le chlorate de sodium soit contesté aujourd’hui, son interdiction n’est pas au goût de tous. Vous verrez encore, dix ans après son interdiction à la vente, des experts continuer d’utiliser ce produit. Bien utilisé, il présente en effet des avantages pour le jardinage qui peuvent donner envie de l’essayer. Pour être efficace et sauf, le chlorate de sodium s’utilisait avec beaucoup de prudence et uniquement dans des espaces extérieurs.

Parmi ses utilités premières, le chlorate de soude était apprécié pour :

  • désherber les zones prisées par les mauvaises herbes, telles que les terrasses, les allées ou les dalles ;
  • éliminer les souches d’un arbre, en insérant des cristaux de chlorate de sodium dans des trous percés dans la souche ;
  • faner les feuilles et la tige pour faciliter la culture de pommes de terre, en veillant à ne pas toucher la récolte.

Puisque le chlorate de soude est un actif non sélectif, il est nécessaire d’être très attentif à son utilisation. Dans les jardins, l’idéal était de l’utiliser pour se débarrasser des souches ou mauvaises herbes. Le tout, en ciblant le ras du sol afin de minimiser les risques. En effet, il fallait veiller à protéger les plantes en bonne santé. De la même façon, le jardinier doit lui-même se protéger correctement. Si vous êtes amené à manipuler du chlorate de sodium, il faut s’assurer d’être équipé de :

  • lunettes protectrices ;
  • vêtements adéquats ne craignant pas les tâches ;
  • des manches longues couvrant les coudes ;
  • un masque protégeant le nez et la bouche ;
  • des gants de jardinage bien étanche.

Quelles alternatives naturelles pour remplacer cet herbicide ?

Si le chlorate de soude était aussi apprécié, c’est surtout parce qu’il avait des effets durables, rapides et s’utilisait facilement. Celui-ci devait simplement être pulvérisé, un geste qui est à la portée de tous les amateurs de jardinage. Un passage de ce produit protège, en prime, votre terrain des mauvaises herbes pendant 3 à 6 mois. Pourtant, la sécurité prime. Pour respecter la législation et s’éloigner de tout danger, il existe donc plusieurs alternatives naturelles au chlorate de sodium.

Plutôt que d’opter pour ce composant chimique mêlant sodium et acide chlorhydrique, entre autres, il est ainsi plus avantageux d’opter pour ces autres solutions. Voici quelques pistes à explorer :

  • le purin d’ortie, un engrais qui peut également faire office de désherbant, à utiliser pur et en grande quantité – vous pouvez facilement le fabriquer vous-même à base d’orties fraîches ;
  • du vinaigre blanc, ingrédient clé des herbicides, à utiliser en grande quantité et au soleil, en plusieurs applications ;
  • le bicarbonate de soude, idéal sur les jeunes pouces pour traiter les terrasses et les allées.

Pour l’astuce, vous pouvez également décider d’appliquer un petit conseil de grand-mère. Il semblerait en effet que l’eau de cuisson des aliments puisse servir pour tuer les mauvaises herbes. Ne jetez pas l’eau de cuisson de vos féculents, non salée : pulvérisez-la plutôt sur vos zones à désherber. En plus d’être naturel, vous êtes même zéro déchet !

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